Le choeur s’invite aux voeux de la présidente de l’Université Paris Saclay


Après un échauffement le 21 janvier, la chorale du comité de mobilisation Paris Saclay s’est invitée à la cérémonie des vœux de Paris Saclay ce jeudi 23 janvier, au Tropical spécialement réservé pour cet événement « sur invitation ». Nettement plus de spectateurs que pour les vœux de la doyenne, mais encore moins de chaleur à notre égard !

Sur l’air d’une « Tout va très bien, madame la marquise » revisitée, habillés de nos blouses de laboratoire nous avons dénoncé les conséquences des « réformes » actuelles sur « Tout va très bien Madame la marquise » la retraite et la recherche, la précarité des étudiants, la sélection à l’entrée à l’université, ou encore le bétonnage du plateau de Saclay, … Nous avons ensuite enchainé par la lecture de nos propres vœux à l’administratrice provisoire de l’Université Paris Saclay, la DGS et à l’auditoire avant de jeter nos blouses et quitter la réception dont l’ambiance était quelque peu glaciale.

Vœux du comité de mobilisation Paris Saclay :

Madame la Ministre Frédérique Vidal nous a déjà présenté des vœux qui nous ont déjà été exprimés par M. Petit : des vœux d’inégalité, de « darwinisme ». 

Les vœux de ce jour visent sans doute à nous « réenchanter » en faisant de « l’attractivité », de la « compétition » et de la défense de la « marque » Paris Saclay le cœur de notre travail au quotidien, pour que nous puissions expérimenter la rémunération à la bibliométrie, les budgets indexés sur les évaluations, la précarisation toujours plus grande, la concurrence systématique entre collègues, labos et établissements d’enseignement. 

Bref, on nous souhaite, comme aux autres membres de la société, une aggravation et une généralisation des conditions de travail insupportables.

Mais nous pouvons encore nous exprimer en notre nom et énoncer ce que nous souhaitons, nous, BIATSS, enseignantes et enseignants, chercheurs et chercheuses, doctorantes et doctorants, étudiants et étudiantes, précaires, membres de l’Éducation nationale et de la recherche, de la maternelle à l’université. 

Alors, plutôt que d’écouter vos vœux, nous vous invitons à écouter les nôtres :

Concernant le monde de l’ESR en général et pour Paris Saclay en particulier, 

  • Nous souhaitons une université ouverte à touTEs, qui mérite vraiment le nom d’université, dans laquelle il n’y a pas de sous-étudiants dont le diplôme ne mérite pas la « marque » Paris Saclay.
  • Nous souhaitons une université où ç’en est fini de la précarité étudiante, grâce à des logements étudiants réellement abordables et pas des chambres hors de prix réservées aux plus aisés. 
  • Nous souhaitons une université qui respecte et écoute les personnels qui la composent au lieu d’imposer des restructurations et des fusions sans concertation.
  • Nous souhaitons la généralisation de la collaboration et non la compétition généralisée et le succès de quelques-uns basé sur la maltraitance de tous et toutes.
  • Nous souhaitons des conditions de création et de transmission des savoirs loin du « darwinisme » fantasmé des nouveaux entrepreneurs de la connaissance, 
  • Nous souhaitons des investissements publics durables et des emplois stables qui répondent au temps long de la recherche et permettent vraiment de répondre au défi du dérèglement climatique.

Enfin, nous souhaitons continuer la résistance, aux côtés des travailleurs des secteurs en lutte dans les transports, et les hôpitaux, ou encore dans les tribunaux, contre les régressions inadmissibles de notre société imposées par ce gouvernement et ses prédécesseurs.. 

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