Equivalence TP-TD : à Orsay, où en est on ?


Faisons un petit décompte du nombre d’heures complémentaires à effectuer sur Orsay.

Avant le nouveau statut des enseignants-chercheurs1 :

Pour assurer tous les services, jusqu’à présent un nombre important d’heures complémentaires étaient faites plus ou moins gratuitement (en moyenne 10h par enseignant en physique par exemple). Avec le passage au nouveau statut, l’université d’Orsay a décidé de régulariser la situation et de payer toutes les heures complémentaires, comme le stipule le décret d’avril 2009 : « Lorsqu’ils accomplissent des enseignements complémentaires au-delà de leur temps de travail tel qu’il est défini au présent article, les enseignants-chercheurs perçoivent une rémunération complémentaire dans les conditions prévues par décret ». Concernant l’enseignement, le temps de travail de référence de chaque enseignant-chercheur reste de 192 h équivalent TD.

1h TP = 1h TD

Pour évaluer le nombre d’heures complémentaires à assurer sur l’ensemble de la faculté des sciences, il faut aussi tenir compte de l’équivalence nouvelle à la rentrée 2009 : 1h TP = 1h TD. Cette équivalence entraîne un acroissement du volume horaire total à effectuer d’environ 6 500 heures ! Ce qui est équivalent à environ 34 postes d’enseignants…

Finalement, si on tient compte du nombre total d’heures complémentaires sur l’ensemble de la faculté des sciences, on atteint environ 13 200 h à effectuer par des collègues (soit 69 postes équivalents !), et environ 22 900 h par des intervenants extérieurs (professionnels et EPST).

On pouvait s’y attendre : Valérie Pecresse nous avais préenus : « Je me place dans une logique d’heures supplémentaires, d’optimisation des moyens, de mobilisation des ressources plutôt que dans une logique de création d’emplois » Metro 03 Juin 2009

Pourquoi donc le choix gouvernemental de nous “faire travailler plus pour gagner plus” ? Evidemment, c’est un choix idéologique : la course à l’individualisation et une fonction publique à minima. Mais c’est aussi un simple calcul comptable. Un enseignant-chercheur coûte environ 30 000 euros par an : il faut payer la moitié du temps où il fait de la recherche ! D’un autre côté 192 heures complémentaires coûtent environ 7750 euros (à 40,58 euros/h TD), ces heures sont défiscalisées et donc sans cotisations sociales !

C’est donc du pain béni pour un gouvernement qui a décidé de s’attaquer farouchement à la fonction publique : on recrute le moins possible, la règle devient celle des heures supplémentaires et, surtout, on introduit la fameuse modulation des services sans en avoir l’air, par l’appât du gain. Qui trinque dans l’opération ? Tout le monde !

Une seule façon de s’opposer à ces méthodes de management des “ressources humaines” : refuser collectivement ces heures complémentaires, et exiger des recrutements statutaires !

COLLECTIF ORSAY EN LUTTE, le 16/10/2009

1 Décret n°2009-460 du 23 avril 2009 concernant les enseignants-chercheurs